Des systèmes économiques... à la liberté personnelle

I) Mon opposition au capitalisme, au libéralisme et au marxisme

Depuis un certain nombre d'années, je n'arrive pas à savoir si je suis opposé au capitalisme à cause de l'ultracapitalisme, ou au libéralisme à cause de l'ultralibéralisme, ou bien aux deux. Dire que je suis opposé à une combinaison des deux serait trop simple.

Je ne suis pas marxiste, ni d'aucune branche qui en a découlé, et je ne l'ai jamais été car il contient selon moi deux vices à sa base, deux négations de la liberté:

- Le passage par la dictature du prolétariat. Or la fin de ne justifie pas les moyens. La fin est dans les moyens. J'ai aussi entendu un jésuite dire grosso modo que la manière ne doit pas être sacrifiée au bénéfice de la matière.

- Une autre négation de la liberté est contenue dans la phrase « la religion est l'opium du peuple ». Si Marx avait écrit : « la religion peut être un opium pour le peuple », ça aurait tout changé. D'ailleurs de ce point de vue, je suis 100 fois d'accord.


II) Absence de projet marxiste

Toutefois, le marxisme a mis le doigt sur des travers très graves du capitalisme. Son succès intellectuel n'a pas été volé.

Pourtant aujourd'hui, il n'y a plus d'élan marxiste. Les quelques intellectuels s'y référant peinent. Ils ne démontrent rien de nouveau, ils ne projettent rien. Alors ils se recroquevillent. Ils n'acceptent plus le débat. Pourtant, si ils pouvaient clamer avec force leur envie de vivre dans une « société sans argent », ça aurait de la gueule ! ... mais non, rien.


III) Quasi-absence de projet capitaliste

Or, on ne trouve plus grand monde pour défendre un projet de société capitaliste. On se demande comment on peut le définir. On se demande la même chose avec le libéralisme.

Bref, personne n'a proposé un projet de société nouveau depuis fort longtemps. Personne ne s'est mis à sa table pour en écrire un.

Mais il nous reste un projet en cours, sur lequel on s'écharpe : le projet capitaliste libéral.


IV) Une vue sur l'origine et l'évolution du capitalisme libéral

Le capitalisme semble en fait être né automatiquement dès la mise en place du libéralisme. A partir du moment où il a été possible de 'faire' et de 'passer' (liberté d'entreprendre et liberté de circuler), les possédants et les investisseurs ont obtenu de n'avoir pas de comptes à rendre aux États. J'avoue que je simplifie à l'excès.

De là la possibilité pour les possédants de se servir de leur argent comme ils veulent sans craindre le pouvoir politique. Quelques exemples historiques français : Les templiers s'étaient vus retirer leur argent par le roi Philippe le Bel, Jacques C½ur par Charles VII, Nicolas Fouquet par Louis XIV...

Certes, ces trois exemples constituent des injustices pures et simples. Mais ces menaces existaient sur « le capital », exercées par l'Etat et qui pesaient sur lui.

A partir du moment où ces menaces ne pèsent plus, on est davantage libre. Tant mieux. Mais cet argent n'est alors rattaché par rien au pays, ni à l'Etat, ni au roi...etc.


V) C½ur de mon propos : critique de la situation légale du capital

Le capital est d'une certaine manière émancipé. Il vaut quelque chose pour lui-même. Il n'a plus de comptes à rendre - c'est le cas de le dire - au pays dans lequel il est constitué. Bien sûr, il a quand même « des comptes à rendre » à l'Etat : Le capital est contrôlé, taxé... etc. Mais la loi est entre lui et l'Etat. L'Etat n'est plus au-dessus de lui. C'est en cela qu'il est émancipé.

Et là, que se passe-t-il ? Le capital se protège en se soumettant aux lois. Mais à la différence d'un roi (ou même d'un président de la république, ce qui laisse actuellement songeur), la loi peut être interprétée.

Ceux qui possèdent du capital n'ont qu'à interpréter la loi pour échapper au maximum à l'inconfort du contrôle de ce capital.

Dans cette émancipation du capital se trouve sa terreur. Car moins ce capital est contrôlé, plus il est puissant. Plus il est puissant, plus il peut faire ce qui lui est profitable. Plus le capital arrive à s'exonérer de la loi, plus il peut grandir.


Les libéraux ont donc utilisé la doctrine du « laisser-faire, laisser passer » pour dire : « laissez le capital hors de la loi, il grandira le plus possible ». Sous-entendant que cet argent servirait à tous.

Mais d'après moi, Adam Smith parlait de travail quand il parlait de liberté d'entreprendre. Seulement de travail. Or le capital, en obtenant l'indépendance par rapport à l'État, a obtenu à tort la liberté par rapport à la loi. Pas en théorie, évidemment. Mais dans la pratique si, ou en tout cas très souvent.

Cette libre-circulation du capital est l'émergence d'un système qui concentre les plus grands travers humains (vous allez sans doute les reconnaître) : Envie, jalousie, gloutonnerie, orgueil, luxure, ...Il m'en manque deux. ;-)

Et ces travers ont eu toute latitude pour s'exprimer, sous couvert de la loi, puisque les capitalistes pouvaient, toujours ou presque, prouver qu'ils étaient restés dans la limite de la loi.

L'argent ne doit plus avoir cette liberté de ne pas être contrôlé. Marx en ce point a toujours raison. Cet argent-là opprime. Il opprime terriblement.

J'avais signé la pétition pour la taxation des transactions financières, la fameuse taxe Tobin. Je sais pourquoi. Mais ce n'est qu'une réponse. Une parmi de nombreuses. Pas la solution. Cette taxation n'est même pas une solution, c'est simplement une amélioration au sein d'un ensemble de solutions.


VI) Un projet de société profondément lié au reste du monde ?

En fait, c'est toute une société qui est à rebâtir . Car toutes les lois économiques sont à changer. Le capital doit revenir dans le giron des sociétés politiques humaines. Il doit craindre l'épée de Damoclès de la loi, de la Justice. Il doit demander la permission avant de passer.

Pourquoi ? Parce que de l'autre côté se trouvent des peuples, des familles, des individus. Et ceux-ci ne peuvent plus se défendre. Parce que ce capital est vorace, et ses prétendus propriétaires vous expliquent qu'ils n'en ont pas le contrôle. Ou bien peut-être ne préfèrent-ils pas en avoir le contrôle ? Cette responsabilité les terroriserait ! Avoir sur la conscience des famines, des émeutes de la faim, des licenciements, ...

On a inventé un système complexe où chacun peut se dire que ce n'est pas de sa faute et le capital peut avaler tout ce qu'il veut. Cela s'appelle le capitalisme international, car il n'est d'aucune nation, et il est simultanément de toutes les nations. Il a eu le droit, il a le droit de passer, partout. Il est libre de passer. Ce capitalisme est libéral.


La loi est interrogée sur son sens et sur son rôle. Doit-elle être simplement un garde-fous ? Les excès du capitalisme ont montré que non.


VII) Considération sur l'argent, la gratuité, le don

L'argent est pourtant le système d'échange le plus libre et le plus équitable que l'on ait inventé.
Il n'y a d'ailleurs aujourd'hui que la gratuité pour le concurrencer. Le don est plus fort que l'argent. Mais qui dit don, dit absence de retour, donc absence d'échange. Et l'échange est une valeur bonne, à continuer de développer. La solution face aux dangers du capitalisme n'est donc pas de se réfugier dans le don. D'ailleurs inventer « une société sans argent », ou tout serait gratuit, donc en quelque sorte donné, n'a jamais été possible. Ce retour à une forme préhistorique d'économie humaine n'a jamais été réalisé vraiment !

L'argent permet de concentrer des garanties. Plus quelque chose est garanti, plus il est l'objet de convoitise humaine. C'est notre besoin de nous protéger qui nous fait nous tourner vers la plus grande garantie qui soit, car elle concentre le plus de liberté, le plus d'adaptation possible à un milieu hostile. Cette plus grande garantie est bien l'argent, système avec lequel on pourra avoir tout, ou presque.


VIII) Réflexion : Système d'échange et liberté personnelle

Ce qui est contenu dans ce « presque », c'est l'esprit humain . Nous élever au-dessus des animaux ne passe que par ce biais : être au maximum prêt à exister au-dessus de nos besoins et de nos envies. Cela s'appelle la liberté.

Être au-dessus d'un système d'échange, où la liberté de chacun est garantie, pour se situer dans une liberté personnelle, non garantie, toujours sur la brèche (car l'autre est omniprésent dans notre vie), c'est la possibilité d'être libre, d'être soi. C'est alors aussi la possibilité de donner vraiment. Le don de soi appelle au don. Mais ce n'est qu'un appel. La liberté fait qu'à tout moment, le mouvement du don peut être brisé. Il est alors souhaitable de chercher à retrouver le chemin du don.


L'argent perd peu à peu de l'importance dans cette vie libre.

C'est tout ce qu'il faut souhaiter à chaque être humain.



Ismaël Lô, L'Amour a tous les droits
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 03 mars 2009 16:12

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 16:39

un mini-symbole, qui me donne de l'espoir

Le monde tourne à l'envers parfois.

Moi, le prof d'histoire, j'avais complètement oublié que la "révélation" reçue par Mahomet n'avait pas commencé en 622, mais vers 610. En corrigeant des travaux d'élèves de seconde sur le chapitre "la Méditerranée au XIIème siècle" , une élève rappelle cette information que je commence par barrer. Puis je réfléchis et vais vérifier... c'est elle qui a raison!

Moi, le prof, il est vrai fatigué ces temps-ci, j'ai la mémoire qui flanche. Moi, plein de volonté de bien faire, je biffe de rouge ce qui est vrai. La jeunesse, si superficielle paraitrait-il !, répète la vérité. Il s'agit d'une élève douée, certes. Mais surtout et c'est ma petite flamme d'espoir du jour: d'une élève juive.

Ceci ne peut soulager ni Gaza, ni Israël. Mais nous tous, là où nous sommes, nous pouvons semer la paix. Par humanité et par compassion envers les terres de souffrance, nous avons à essayer chaque jour. Cette élève en a semé un peu aujourd'hui dans ma chambre. En nous connaissant les uns les autres, nous co-naissons ( inspiré de Paul Claudel ). Cette co-naissance est le seul monde de demain. Sans connaissance mutuelle, pas de paix. Sans paix, pas de demain.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 18 janvier 2009 08:07

pas de peur, pas de guerre

On vit sur un mensonge. Que le temps fait passer pour vrai.

Mais penser qu'une population peut être faite pour vivre dans la misère, dans la pollution, dans la privation de liberté, dans la guerre, c'est sans sens.

Pas le plus petit d'entre nous, pas le moindre d'entre nous, ne doit être installé sur un lieu de mort.
Notre ennemi n'est pas l'autre. L'enfer, ce n'est pas les autres.

Notre ennemi est la pollution, la radioactivité, l'enfermement, la misère et la guerre. Notre ennemi prend les visages de l'indifférence, de l'hypocrisie, de la peur.

Résistance !




.


pas de peur, pas de guerre
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 11 janvier 2009 17:13

une vidéo de mauvaise qualité, mais de moi!

Il faudra que j'enregistre cette chanson bientôt et que je la mette dans son intégralité en ligne...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 14 décembre 2008 12:59

Tout n'est plus chaos

.




Des images et des récits viennent jusqu'à nous. Des informations, des actualités... moins d'eau, + de désert...
Un jour, le lien s'est fait. Le contact a été naturel. Il est temps de se lever. De dire oui au monde de demain. Pleurer sur le monde d'hier n'a plus de sens. Et on se rend compte que ça n'en a jamais eu.
Bâtir tente.

A ceux qui nous demanderont ce que nous ferons de plus, nous répondrons : « Et vous, que ferez-vous de plus ? »


Quel chaos ?

Tout est beau aujourd'hui. Parce que j'agis, je suis dans la maîtrise de ma vie. Je peux parler par mes actes. Et le monde de demain s'impose naturellement, balayant sans effort les commentateurs de l'enterrement du monde d'hier. Ne pas écouter les cris, les pleurs. Ne plus regarder en arrière. Regarder sur le côté : qui avance, qui bâtit, qui coopère. Qui écoute ? Qui regarde ? Qui essaye ? J'en suis. Les hommes de demain sont ceux d'aujourd'hui. Car ceux qui s'accrochent à aujourd'hui sont ceux d'hier.

Pas de révolution. Le nouveau jour pointe. Rien à formuler. Pas d'appel à lancer au micro. Juste être là, prêt à vivre du soleil. Et je serai avec les vivants. Sans artifice. Sans arme. Volontaire et outillé. Ouvert. L'inconnu sera ma chance. Et je serai la chance des autres vivants pour qui je suis inconnu.

Il n'y a qu'une désertification. Celle de l'âme. L'esprit peut tout.



.



Tout n'est plus chaos

# Posté le dimanche 07 décembre 2008 15:10

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 05:17